Récapitulatif géopolitique du mois de Mai 2025
- Salman
- 29 juin
- 5 min de lecture
Leon XIV, premier pape américain :
Le 8 mai 2025, le cardinal protodiacre Dominique Mamberti a prononcé le traditionnel Habemus Papam depuis la loggia de Saint-Pierre : le cardinal américain Robert Francis
Prevost, 69 ans, devenait le 267e évêque de Rome sous le nom de Léon XIV.Cette élection a conclu un conclave express de deux jours (7-8 mai) auquel ont participé 133 cardinaux électeurs ; le nouveau pontife a été choisi au quatrième scrutin.

Originaire de Chicago et longtemps missionnaire au Pérou, Léon XIV est le premier pape né aux États-Unis.
Washington et les Houthis signent un cessez-le-feu inédit :
Le mardi 6 mai 2025, le ministère omanais des Affaires étrangères a annoncé avoir arraché un accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et les rebelles Houthis. Concrètement, Washington suspend ses frappes aériennes déclenchées en mars sous l’ « opération Rough Rider » tandis que les Houthis s’engagent à cesser toute attaque contre la navigation commerciale et les navires américains dans la mer Rouge et le détroit de Bab-el-Mandeb.

Le président Donald Trump a confirmé la trêve, mais les Houthis ont précisé que leurs tirs contre Israël et leur soutien au Hamas ne sont « en aucune façon » compris dans l’accord, alimentant l’incertitude quant à la portée réelle de la désescalade.
Ce compromis, salué par le Qatar et le Koweït, marque la première pause significative après des semaines de raids qui avaient fait des centaines de victimes yéménites et perturbé les routes maritimes stratégiques du Moyen-Orient
« 100-Hour War », un cessez le feu précaire dans le conflit indo-pakistanais :
Le 7 mai, New Delhi lance l’« opération Sindoor » : neuf frappes de missiles contre des sites pakistanais présentés comme des camps de Jaish-e-Mohammed et Lashkar-e- Taiba. Islamabad dénonce 31 morts civils et assure avoir abattu plusieurs avions indiens.
La riposte pakistanaise (mortiers, missiles Fatah-I/Fatah-II et drones armés) fait basculer l’affrontement dans la première « guerre des drones » du sous-continent. Pour les analystes, ce conflit de quatre jours (7-10 mai), aussi appelé « 100-hour war », marque un saut technologique inédit entre deux puissances nucléaires. Le 7 mai, les tirs sur Poonch (Jammu) tuent 16 civils, dont deux enfants, et détruisent 31 écoles, l’attaque d’artillerie la plus meurtrière depuis 1971.

Sous médiation américaine, un cessez-le-feu « plein et immédiat » est annoncé le 10 mai, mais les deux camps s’accusent déjà de violations. Signe de la fragilité de la trêve, l’Indus Waters Treaty reste suspendu et les restrictions commerciales, aériennes et consulaires demeurent en place.
Gaza, « un cimetière à ciel ouvert » :
Dix-neuf mois après les attaques du 7 octobre 2023, l’intensification des opérations militaires a fait de Gaza la zone la plus létale du conflit israélo-palestinien. Au moins 55 104 Palestiniens ont été tués et plus de 127 000 blessés depuis octobre 2023.
Les frappes touchent aussi l’aide humanitaire : le 11 juin, des tirs israéliens près d’un site de distribution soutenu par la Gaza Humanitarian Foundation ont fait 41 morts et 179 blessés, tandis qu’un drone a détruit les bureaux de Médecins du Monde, tuant huit civils.
L’ONU qualifie désormais Gaza de « lieu le plus affamé de la planète » : toute la population fait face à l’insécurité alimentaire aiguë. UNICEF recense plus de 66 000 enfants en malnutrition sévère et l’OMS alerte sur la montée rapide des cas nécessitant.
Les distributions d’aide deviennent des « galeries de tir », selon l’ICRC : depuis la réouverture partielle de l’acheminement maritime et l’installation de sites sécurisés israélo-américains, plus de 160 civils ont été tués en tentant de récupérer de la nourriture.

Parallèlement, une « Marche
mondiale pour Gaza » a rassemblé quelque 1 500 activistes partis de Tunisie et d’Algérie, espérant atteindre le terminal de Rafah pour exiger la levée du blocus ; Greta Thunberg, expulsée d’Israël, participait à une tentative maritime similaire.
Washington et l’UE lèvent l’embargo sur la Syrie post-Assad :
Le mardi 13 mai 2025, lors d’un forum d’investissement à Riyad, le président américain Donald Trump a déclaré qu’il ordonnait « la cessation de toutes les sanctions » imposées à la Syrie afin de « lui donner une chance de grandeur », première rupture majeure avec la politique américaine en vigueur depuis quatorze ans.
Cette annonce tourne la page des mesures décidées en 2011, au lendemain de la répression sanglante des premières manifestations anti-Assad.
Elle intervient cinq mois après la chute de Bachar al-Assad (8 décembre 2024) et la mise en place d’un gouvernement transitoire dirigé par Ahmed al-Sharaa, lequel a salué un « tournant historique » pour la reconstruction du pays.
Le 20 mai, l’Union européenne lève l’intégralité de ses sanctions économiques, décision formalisée par des actes juridiques adoptés le 28 mai, l’objectif affiché étant « d’aider le peuple syrien à reconstruire une Syrie nouvelle, inclusive et pacifique ».
L’Organisation internationale pour les migrations a salué « un message d’espoir pour des millions de Syriens déplacés ».

Ainsi se dessine, pour la première fois depuis 2011, un cadre international propice à la relance économique et à la réintégration de la Syrie sur la scène régionale et international à la condition, rappellent Washington et Bruxelles, que le nouveau pouvoir maintienne le cap vers une transition véritablement pluraliste et respectueuse des droits humains.
Paris plaide pour une majorité numérique européenne à 15 ans :
Le gouvernement français veut étendre au niveau de l’Union européenne l’interdiction d’accéder aux réseaux sociaux avant 15 ans. Dans La Tribune Dimanche, la ministre déléguée au Numérique Clara Chappaz pose un ultimatum : Paris mobilisera ses partenaires « d’ici trois mois » ; faute de consensus, la France appliquera seule la mesure, fondée sur une vérification d’âge obligatoire lors de la création de compte.
À Bruxelles, la proposition française, soutenue par l’Espagne et la Grèce, alimente l’idée d’une « majorité numérique » européenne fixée à 15 ans. Un document préparatoire que s’est procuré Politico évoque un dispositif commun d’authentification d’âge intégré aux appareils et aux magasins d’applications.

La France cite l’exemple de l’Australie, seule à avoir déjà légiféré : la loi adoptée en novembre 2024 y bannit les moins de 16 ans des plateformes et prévoit jusqu’à 49,5 millions AUD (≈ 32 M €) d’amende pour les contrevenants.
Emmanuel Macron, relayé par la presse internationale, presse l’UE d’avancer rapidement, affirmant que « les plateformes savent vérifier l’âge, qu’elles le fassent ».
Source :
Vatican news
Le Monde
The Guardian
Aljazeera
Reuters
Article rédigé par Salman




Commentaires