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Récapitulatif géopolitique du mois de juin 2025

Un G7 2025 au Canada dans un contexte de fissures diplomatiques


Le sommet du G7 s’est tenu du 15 au 17 juin 2025 à Kananaskis, au Canada, dans un contexte géopolitique partculièrement tendu. Sous la présidence du Premier ministre canadien Mark Carney, les dirigeants des sept grandes puissances industrielles (États-Unis, Canada, France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Japon), ainsi que l’Union européenne, se sont réunis pour discuter des grands enjeux économiques, sécuritaires et géostratégiques du moment. Des pays invités tels que l’Inde, le Brésil, l’Australie, la Corée du Sud, l’Afrique du Sud, le Mexique et l’Ukraine étaient également présents.


La guerre en Ukraine, les tensions croissantes entre Israël et l’Iran, ainsi que les désaccords commerciaux persistants ont été les principales conversations lors de ce sommet. Alors que Volodymyr Zelensky espérait des engagements fermes, il est reparti sans rencontre avec Donald Trump ni promesse d’aide militaire supplémentaire, bien que le Canada ait annoncé un soutien de deux milliards de dollars canadiens. Donald Trump, quant à lui, a marqué le sommet en quittant prématurément les discussions pour faire face à la montée des tensions au Moyen-Orient. Ce départ a empêché la publication d’un communiqué final commun, révélant les fractures persistantes au sein du groupe.


Malgré cela, plusieurs avancées ont été enregistrées. Sur le plan technologique, les membres se sont entendus sur des déclarations communes concernant l’intelligence artificielle, les technologies quantiques et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. En matière de défense, le Canada s’est engagé à augmenter progressivement ses dépenses militaires à 5 % du PIB d’ici 2035, tandis que des partenariats bilatéraux ont été renforcés, notamment entre le Canada et l’Union européenne. La transition énergétique et la sécurité communautaire ont également fait l’objet de discussions, notamment en lien avec la lutte contre les feux de forêts, les trafics transnationaux et la migration irrégulière. Le Premier ministre indien Narendra Modi a joué un rôle de médiateur entre les pays du Nord et du Sud, contribuant à apaiser certaines tensions, notamment avec le Canada après des mois de refroidissement diplomatique.


Source : Wikipedia
Source : Wikipedia

Le conflit Iran–Israël : Douze jours de guerre ouverte aux répercussions mondiales


Du 13 au 24 juin 2025, le Moyen-Orient a été le théâtre d’un affrontement direct entre Israël et l’Iran, plongeant la région dans l’une des crises les plus graves de la décennie. L’opération israélienne, baptisée Rising Lion, a débuté par une série de frappes aériennes massives visant les installations nucléaires iraniennes à Natanz, Fordow et Isfahan. Israël justifiait ces attaques par la nécessité de stopper l’enrichissement d’uranium à 60 % par Téhéran, qu’il jugeait comme une menace existentielle.

En réponse, l’Iran a riposté par le lancement de centaines de missiles et drones contre des cibles militaires et civiles israéliennes. Bien que le système de défense Dôme de Fer ait limité les dégâts, une trentaine de victimes ont été recensées côté israélien. En Iran, les bombardements ont causé plus de 1 000 morts, dont des scientifiques, des militaires de haut rang et des civils.

Source : Le Monde
Source : Le Monde

Le Conseil de sécurité de l’ONU, convoqué en urgence, a dénoncé de possibles violations du droit international, notamment l’attaque de sites civils. L’Agence internationale de l’énergie atomique s’est inquiétée de la disparition d’uranium enrichi et du risque de relance incontrôlée du programme nucléaire iranien.

Un cessez-le-feu a été négocié le 24 juin grâce à la médiation du Qatar et des États-Unis, mais les tensions demeurent vives. L’ayatollah Khamenei a promis des représailles contre les bases américaines au Moyen-Orient, tandis qu’Israël affirme maintenir sa liberté d’action contre toute menace nucléaire.


Sommet de l’OTAN à La Haye : solidarité, dépenses et tensions visibles


Le sommet de l’OTAN, organisé pour la première fois aux Pays-Bas, s’est tenu les 24 et 25 juin 2025 à La Haye, avec 32 États membres et des partenaires comme le Japon et l’Australie réunis autour du Secrétaire général Mark Rutte. L’enjeu central était le renforcement de la défense collective face aux menaces de la Russie, du terrorisme, du cyberespace, de l’espace et des crises hybrides.


Source : Flickr, Ministerie van Buitenlandse Zaken
Source : Flickr, Ministerie van Buitenlandse Zaken

Les alliés ont convenu d’un potentiellement historique objectif : 5 % du PIB annuel consacré à la défense d’ici 2035, dont 3,5 % pour les dépenses militaires classiques et 1,5 % pour l’infrastructure, la cybersécurité et la résilience civile. Donald Trump a salué la décision comme une « grande victoire » pour les États-Unis, tout en menaçant l’Espagne de représailles commerciales pour son éventuel non-alignement. Malgré des inquiétudes exprimées par l’Espagne, la Belgique et la Slovaquie quant à leurs capacités financières, la majorité a trouvé cet effort réaliste, misant sur une montée progressive des budgets de défense. Mark Rutte a souligné qu’il s’agissait d’une alliance « plus forte, plus juste et plus létale ».


Sur le plan militaire industriel, le sommet a été accompagné d’un forum spécifique dédié à la coopération technologique (cyber, chaîne d’approvisionnement, innovation) pour accélérer la réponse à des menaces imminentes.Alors que quelques leaders, dont Emmanuel Macron, ont exprimé des réserves, notamment sur un lien entre dépenses militaires et tensions commerciales transatlantiques, l’appui assumé de Trump a maintenu la cohésion de façade. Donald Trump, qui avait d’abord exprimé un certain flou sur l’Article 5, a finalement réaffirmé son engagement envers la défense mutuelle, y compris la protection de « chaque centimètre » du territoire allié.


La question ukrainienne a été abordée, avec la présence de Volodymyr Zelensky en dîner pré- sommet et un soutien renouvelé, bien que son intégration dans l’alliance reste en suspens et soumise à des évolutions politiques. Au dernier jour, le ton officiel a porté sur une alliance unie face aux défis actuels, notamment la Russie, le terrorisme, les cyberattaques et l’instabilité régionale, mais sans véritable avancée sur l’élargissement à l’Ukraine.


Nice accueille la Conférence des Nations Unies sur l’océan : entre promesses ambitieuses et défis persistants


Nice a été, du 9 au 13 juin 2025, le centre mondial de la diplomatie environnementale en accueillant la 3e Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC). Coorganisée par la France et le Costa Rica, la conférence a réuni plus de 14 000 participants, dont 75 chefs d’État, 175 pays et de nombreuses ONG, scientifiques, entreprises et représentants autochtones. L’objectif affiché était clair : intensifier l’action pour la préservation durable des océans, à travers le thème « Notre océan, notre avenir, notre responsabilité ».

Dès l’ouverture, marquée par un spectacle de 2 025 drones et un hymne dédié à l’océan, les dirigeants ont insisté sur l’urgence d’agir face à la pollution plastique, à la surpêche et à la perte de biodiversité marine. Emmanuel Macron et António Guterres ont lancé un appel fort à la mobilisation internationale.


Source : Rivaje
Source : Rivaje

Le sommet a débouché sur l’adoption du Nice Ocean Action Plan, accompagné d’une déclaration politique et de plus de 800 engagements volontaires. Parmi les avancées majeures : la création de nouvelles aires marines protégées, le soutien renforcé à l’initiative 30x30 (protéger 30 % des océans d’ici 2030), et un appel pressant à la ratification du traité sur la biodiversité en haute mer, déjà signé par 55 pays.


Sur le plan financier, 8,7 milliards d’euros ont été annoncés, auxquels s’ajoutent 15 milliards d’euros promis par la Banque européenne d’investissement d’ici 2028.Cependant, certains défis restent entiers. Des ONG dénoncent l’absence de mesures contraignantes sur la pêche destructrice, et les petits États insulaires, en première ligne face au changement climatique, réclament un soutien plus équitable.


Sources :


  • Le monde

  • ONU

  • Libération

  • OTAN

  • L'Humanité


Article rédigé par Morine Simonet

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